0 %
"Je veux m'engager à fond pour agir" livre Anne-Laure Blin dans sa permanence de députée

"Je veux m’engager à fond pour agir" livre Anne-Laure Blin dans sa permanence de députée

Anne-Laure Blin, députée (LR) de la 3e circonscription de Maine-et-Loire, n’est élue que depuis un peu plus de cinq mois. Elle s’affiche déjà par des positions assez tranchées.

Élue députée de la circonscription de Saumur-Nord avec 61,14 % des suffrages le 27 septembre 2020, Anne-Laure Blin (LR), 37 ans, a succédé à Jean-Charles Taugourdeau (LR) qui a préféré la mairie de Beaufort-en-Anjou. L’ancienne attachée parlementaire a pris le siège de son ancien patron, devenu aujourd’hui son suppléant.

On vous a qualifiée de Parisienne parachutée en Anjou. D’où venez-vous ?

Je ne suis pas Parisienne du tout. Je ne suis pas une enfant du coin mais j’ai appris à connaître et à aimer ce territoire aux côtés de Jean-Charles Taugourdeau pendant dix ans, après avoir travaillé deux ans pour Michèle Tabarot (députée LR des Alpes-Maritimes N.D.L.R). J’ai commencé mon travail d’attachée parlementaire à la permanence de Beaufort-en-Vallée avant de rejoindre Paris. J’ai grandi en Lorraine, près de Nancy. Je suis née en Meurthe-et-Moselle, à Toul, dans la commune de… Nadine Morano​.

Est-elle une de vos proches ?

On se connaît depuis longtemps. Elle dit un certain nombre de vérités. Mon premier engagement, c’était à l’UMP en 2002 en Lorraine. Mon premier grand meeting de soutien à Jacques Chirac, c’était à Amnéville. J’ai fait mon master de droit à Nancy. Ma famille et mes amis sont toujours en Lorraine.

Aviez-vous prémédité de devenir députée ?

Pas du tout. J’ai fait beaucoup de campagnes, mais je n’avais jamais imaginé faire ma propre campagne. Je suis juriste. J’ai suivi des études de droit dans l’objectif d’être avocate. Je ne pensais pas être 12 ans attachée parlementaire. C’est une fonction temporaire. Quand Jean-Charles Taugourdeau s’est représenté à la mairie de Beaufort, il devait être remplacé. Soit par une nouvelle personne qui ne connaissait rien au fonctionnement de l’Assemblée, soit on préparait la suite en étant tout de suite efficace​.

Dès votre première semaine à l’Assemblée, vous avez défendu les chasseurs. Pourquoi ?

Je ne défends pas un corporatisme. Je ne chasse pas. Je défends juste l’intérêt commun. Les chasseurs régulent la nature, par exemple en prélevant les sangliers qui détruisent les récoltes. Défendre la chasse ne signifie pas être contre le bien-être animal. C’est caricatural et réducteur. C’est comme penser qu’on maltraite forcément les animaux dans les zoos. Il suffit d’aller au Bioparc pour voir que c’est tout le contraire​.

Vous avez suggéré la dissolution d’organisations telles que L214. Est-ce toujours votre souhait ?

Je ne peux pas tolérer que l’on rentre dans des exploitations agricoles, dans des élevages, en violant le droit de propriété. Je suis contre la manipulation, contre les images que l’on détourne.

Quels autres sujets vous semblent prioritaires ?

Je souhaite que soient sanctionnées les incivilités. Que les élus locaux soient protégés contre les agressions. Qu’on fasse revenir les entrepreneurs pour revitaliser les centres bourgs. Que l’on développe les circuits courts pour garantir des revenus aux agriculteurs. Mon action est guidée par des valeurs et des convictions. La question du mérite, du travail, de l’effort, de l’identité…​

Vous êtes intervenue plusieurs fois sur l’islamisme radical. Est-ce une préoccupation dans la circonscription de Saumur-Nord ?

On m’a dit : tu n’es pas dans une banlieue. C’est vrai, mais les menaces sont partout. Les attentats peuvent arriver n’importe où. Il y a bien eu en Anjou une personne qui était liée à l’assassinat de Samuel Paty. Les gens m’en parlent sur le terrain et sont inquiets du terrorisme. On m’a menacée de mort, sur les réseaux sociaux, pour avoir osé poser une question sur l’islamisme radical. J’ai déposé une plainte​.

Sur l’élargissement des droits à l’avortement, vous avez été accusée d’obstruction parlementaire en déposant 80 amendements… L’avortement vous pose-t-il un problème ?

Absolument pas. Mais tout était fait pour que ce débat soit bouclé d’avance. Le texte de 1975 présentait un équilibre. Il conciliait la vie de la femme et la vie à naître. L’avortement n’est pas un acte anodin. Simone Veil a toujours dit que c’était un drame pour les femmes. Sur un tel sujet, il faut prendre le temps. Avec neuf autres sujets le même jour, on allait l’expédier en deux heures. Moi aussi je défends le droit des femmes. Moi aussi je suis féministe​.

Vos positions paraissent plus marquées à droite que celles de votre prédécesseur. Est-ce le cas ?

On n’a jamais été en désaccord. Jean-Charles Taugourdeau a toujours été à côté de nos chasseurs, sensible aux questions de sécurité, aux problématiques de la ruralité. Mais on n’a pas le même passé. Son engagement politique est venu après sa vie de chef d’entreprise​.

Avez-vous une liberté de parole dans le groupe des Républicains ? Comment vous perçoivent vos collègues ?

Ils disent : elle ose. Elle n’a pas peur. J’ai la même manière d’être que Jean-Charles Taugourdeau. Il a toujours dit les choses. Ça ne plaît pas toujours. Je veux juste redonner confiance en la politique et être le porte-parole des gens qui m’ont élue. On doit pouvoir débattre de tout​.

Après ce court mandat de 18 mois, serez-vous candidate aux législatives en 2022 ?

Oui, bien sûr, la poursuite logique de mon engagement fait que je vais sans doute me représenter. Mais sincèrement, je ne sais pas ce qui peut se passer demain. Si l’on s’occupe de sa réélection, on ne fait pas bien son travail. Je veux faire mon travail, m’engager à fond et agir​.

Courrier de l’Ouest - 12 mars 2021

Lire l’article

Partager cet article